Pour une salle qui a largement plus de trois siècles d'existence, l'histoire du Teatro Comunale de Bologne est étrangement sereine. Ici pas d'incendies, ni de guerres ou de révolutions politiques ou artistiques qui aient troublé la pérennité du bâtiment construit entre 1756 et 1763 par Antonio Galli Bibiena.
Depuis son inauguration, où l'on donna II TRIONFO DI CLELIA de Gluck, jusqu'à nos jours, les heureux spectateurs qui se sont répartis sur ses mille sièges ont tout simplement assisté à quelques unes des plus brillantes représentations de l'histoire de l'opéra et ont entendu tout ce qui compte dans le monde de l'art lyrique : Rossini est venu y monter notamment TANCREDI, L'ITALIENNE A ALGER, LA CENERENTOLA, LA GAZZA LADRA et LE BARBIER DE SEVILLE et Mercadante y a créé sa MARIA STUARDA REGINA DI SCOZIA ; plus tard Verdi devait y donner la première de la version italienne de DON CARLO en 1867, et Boito celle de la version définitive de son MEFISTOFELE en 1875. Pour sa plus grande gloire, le Teatro Comunale ne s'est d'ailleurs pas contenté de faire entendre les chanteurs les plus célèbres de la péninsule, puisqu'il a également été le premier théâtre italien à monter un opéra de Wagner, en l'occurrence LOHENGRIN, dès 1871. L'année suivante on y donne TANNHAUSER, et avant la fin du siècle LE VAISSEAU FANTOME et TRISTAN ET ISOLDE. Pour cette raison, Bologne est connue encore de nos jours comme un des rares centres wagnériens d'Italie.
Au XXème siècle, de ces mêmes mille sièges, on aura pu écouter l'orchestre placé sous la direction de Toscanini, Furtwàngler, Karajan, Abbado ou Sinopoli, sans oublier bien sûr Riccardo Chailly qui a quitté son poste de chef permanent à Bologne pour rejoindre le Concertgebouw d'Amsterdam. Quant à la scène elle aura vu se produire Schipa, Gigli, Di Stefano, Christoff, Renata Tebaldi, Del Monaco, Pavarotti, Mirella Freni, Marilyn Home, Christa Ludwig, dune Anderson, Ghiaurov ou Raina Kabaivanska, pour ne citer que quelques sommités.
Ajoutons que l'institution bolognaise participe à un grand nombre d'opérations pédagogiques pour les enfants, mais aussi pour les anciens, à travers l'Emilie-Romagne, et que, non contente d'accueillir les spectacles lyriques qui ont fait sa réputation, elle propose aussi une saison symphonique avec l'orchestre du Teatro Comunale, et une saison de musique de chambre qui est devenue au fil des années le rendez-vous des plus célèbres solistes et ensembles du monde. Une histoire sereine donc, mais une histoire heureuse...








