L’architecte Charles Garnier vient à peine de terminer les travaux du Grand Opéra de Paris, qu'il a surveillés personnellement, quand la Principauté de Monaco lui commande, elle aussi, un théâtre lyrique. Cette seconde salle Garnier, plus petite que son aînée parisienne puisqu'elle ne propose que 525 places, est inaugurée en 1879 par l'illustre Sarah Bernhardt qui vient y déclamer un poème, et le beau monde se presse pour découvrir la Méditerranée au travers des larges baies vitrées qui ornent la façade.
A l'origine, ce sont plutôt les concerts symphoniques de l'Orchestre National, devenu aujourd'hui Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, qui animent la salle, surtout lorsque Toscanini, Bruno Walter ou Richard Strauss viennent y diriger. Mais sous l'impulsion de Raoul Gunsbourg, nommé directeur en 1893, le ballet et l'opéra assurent rapidement la renommée de la salle monégasque grâce à une politique artistique d'une constance exceptionnelle : Raoul Gunsbourg ne quittera son poste qu'en 19511 Rappelons toutefois qu'il a été remplacé par Paul Paray et Marcel Sablon en 1943 et 1944 et qu'il n'y a pas eu de saison d'opéra en 1940, 1941, 1942 et 1945.
Ayant très vite attiré les Ballets Russes de Serge Diaghilev, l'Opéra de Monte-Carlo saura ensuite produire des spectacles dus aux talents de Stravinski, Picasso, Nijinski ou Balanchine. La création lyrique est quant à elle tout aussi présente ; feuilletant les programmes du passé, on découvre un nombre impressionnant de premières mondiales, dont plusieurs opéras de Saint-Saëns ou Massenet, mais aussi LA RONDINS de Puccini ou L'ENFANT ET LES SORTILEGES de Ravel. Cette tradition de créations se perpétue jusqu'à nos jours : l'Opéra de Monte-Carlo peut se flatter d'avoir fait découvrir au monde 78 opéras. Bien sûr, le succès de ces brillantes saisons s'explique aussi par la venue des plus célèbres chanteurs et cantatrices du XXème siècle, de Caruso à Pavarotti, d'Adelina Parti à Montserrat Caballé.
De nos jours, la saison lyrique, de Janvier à Pâques, permet aux spectateurs d'entendre quatre oeuvres différentes dans les ors de la salle Garnier tandis que, depuis 1984, « Le Printemps des Arts » propose concerts symphoniques, récitals et opéras.











